vendredi 11 novembre 2016

"Les compagnons de la Cigogne:Tome1. Le lac des Damnés". Sophie Humann

"STRASBOURG, 1825. Gaspard s’ennuie au Collège royal, et n’aime que le dessin. Il rêve de devenir sculpteur comme son père, et de veiller à son tour sur la cathédrale… même si l’on raconte qu’un lac mystérieux se cache sous ses fondations et que des morts y seraient condamnés à ramer pour l’éternité !
Afin de susciter l’admiration de son père, et des élèves du collège qui l’ignorent, Gaspard décide de partir à la recherche du légendaire lac des Damnés avec l’aide de son ami Basile, un jeune batelier de l’Ill. Mais un curieux personnage encapuchonné rôde dans la capitale alsacienne et semble déterminé à voir les deux garçons échouer, au point d’enlever la jolie Margot, la soeur de Basile…"


La couverture , dessinée par Raphaël Beuchot, le côté historique du synopsis et le genre "des enfants mènent l'enquête"ont attisé ma curiosité.

Le format est presque carré, le titre est en relief et le papier d'une belle qualité, ce qui en fait déjà un bel objet-livre.
Ensuite , le lecteur fait la connaissance de Gaspard et son père. Tout de suite, nous sommes plongés en 1825 , Gaspard sauve un cigogneau et fait la connaissance de Basile et Margot.
Nous déambulerons dans Strasbourg au XIXème siècle pour notre plus grand régal.
C'est roman à partir de 9 ans selon la fiche éditeur.
Le vocabulaire est assez soutenu, j'ai apprécié la forme et le style d'écriture. La lecture est fluide et sans ennuis avec des rebondissements à souhait. 
Il est scindé de chapitres avec une petite illustration, c'est sympa.
J'attends la suite des aventures des compagnons de la Cigogne avec impatience.

Je remercie de tout cœur Masse Critique de BABELIO et les éditions Gulf Stream pour leur confiance.






mercredi 26 octobre 2016

"Chanson douce" Leïla Slimani

"Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.
À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant." Quatrième de couverture.

Une sortie de roman de la rentrée littéraire 2016 sous le feu des projecteurs, tant les critiques sont bonnes...Je souhaite savoir pourquoi...
J'ai la chance d'être sélectionnée pour les matchs de la rentrée littéraire 2016 Priceminister .
Quelle joie...
C'est avec beaucoup d'émotions que je me plonge dans les pages de ce Gallimard.
"Le bébé est mort" , gloups... Une scène de crime est décrite, là, de suite, d'entrée :  deux enfants  vont mourir. Donc, ça y est , je sais la fin...Leïla Slimani rembobine l'intrigue pour m'expliquer comment ils sont morts et par qui.

Après avoir dévoré ce roman de 227 pages, je n'ai pas résisté à visionner le passage de l'auteure à La Grande Librairie sur France 5 . Elle explique sa vision des faits et c'est très intéressant de savoir ce qui lui importait dans l'écriture de cette histoire assez" banale" de nounou embauchée par un jeune couple parisien: le travail de chacun, les activités des enfants, le parc, l'école, le bain , les repas c'est ennuyeux à lire et peu lucratif , elle a donc misé sur la forme de l'histoire.
Pari réussi!

Comme elle dit, le lecteur sait comment ça finit... et donc a aussi envie de prévenir les parents ou la nounou à certains moments... C'est vrai...C'est un peu interactif!
C'est pour cette raison, je vous conseille de le lire d'une traite , si vous en avez la possibilité pour apprécier au plus juste cette intensité.

Les thèmes sont abordés avec tact: la relation employée/patron,quelle sont les limites à ne pas franchir?, le rôle mère/nounou par rapport aux enfants...qui a le pouvoir sur les enfants? et le rôle de la mère dans notre société actuelle qui se veut parfaite.

Louise, une quarantaine d'année, veuve, qui a une grande fille qu'elle n'a pas vu depuis longtemps est embauchée par Paul et Myriam. Des personnages vraiment bien campés , que l'on arrive à bien connaitre. C'est appréciable.

Un magnifique travail d'écriture et de forme, qui m'a beaucoup enthousiasmé.
En général, chez Gallimard, je suis rarement déçue. Là, avec vous , Leïla Slimani, je suis une lectrice ravie d'avoir passé un excellent moment à lire vos mots. Je lirai votre premier roman, dans le jardin de l'ogre, c'est sûr.

Chanson douce est sélectionné pour le prix Goncourt , le prix Renaudot, et prix de Flore 2016 .

Conclusion, je sais maintenant pourquoi les critiques sont si bonnes pour ce roman, parce qu'il est travaillé, emporte le lecteur avec Louise, Paul et Myriam dans une relation ambigüe : "je sais mais pas eux"...(C"est extraordinaire que le lecteur ait ce pouvoir.) et les mots glissent sous les yeux du lecteur avec aisance.

Je remercie Priceminister pour ce moment rare de lecture et les Editions Gallimard.
Merci à Leïla Slimani pour sa qualité d'écriture et cette intrigue originale.

18/20
Blog des matchs de la rentrée littéraire priceminister 2016

#MRL16





jeudi 13 octobre 2016

"Déserteur" Boris Bergmann Editions Calmann-Lévy

"Qui se cache derrière le « Je » de ce journal intime ? Un jeune hacker talentueux en quête d’engagement, dans une France décharnée qui vient de déclarer la guerre au califat. Par désespoir amoureux, il décide de rejoindre l’armée. On lui confie aussitôt la programmation des drones qui survolent nos conflits, les ratissant « cliniquement ». Envoyé en mission sur une base militaire du Proche-Orient, il découvre alors de jeunes soldats à la ferveur broyée par l’inaction. Les drones mènent désormais la guerre à leur place. « Je », ostracisé, pianote à l’infini la défense d’un pays qui déshumanise le combat pour mieux tuer.

En nous plongeant dans un futur si proche qu’il nous ressemble et dans les entrailles d’une jeunesse aux causes floutées, Boris Bergmann nous livre un roman aussi dompté qu’agile. Une lecture ardente servie par un style vif et ingénieux qui nous transporte dans une fascinante expérience de terrain où le sol ne fait que se dérober."(quatrième de couverture)

J'ai été attirée par ce roman pour le côté militaire annoncé en quatrième de couverture.
Motivée par l'objectif d'une lecture différente de ce que je lis d'habitude, je suis entrée dans ce roman "la fleur au fusil", si je puis dire... Puis, je me suis rendue compte que je n'étais pas le bon public pour apprécier la sacrée plume de Boris Bergmann.
Par conséquent, mon billet n'a pas pour objectif de dire: je n'ai pas aimé, non , certainement pas.
Par contre , un public de lecteur avertis, aimant les romans à messages percutants et ACERBES, seront bien servis avec cet exutoire qui sera le journal qu'il va tenir sur le camp.
"Je" ouvrira son coeur , ses tripes et ses convictions tout au long de ces pages...
Au lecteur de le suivre dans ses choix de vie, de pensées et d'actions.
Je vous laisse découvrir "Je" et à vous ,d'apprécier ,ou pas , ce roman assez particulier .
J'ai senti que l'auteur s'était appliqué au choix du vocabulaire, des énumérations et des tournures de phrases très agréables à lire, il faut le dire!C'est percutant! 
Exemple, page 75 "On nous initie à la langue du soldat, privée de bifurcations et d'accents _ restent les aphtes des impératifs."
A vous de le découvrir selon votre sensibilité...

Je remercie Masse Critique sur Babelio et Les Editions Calmann-Lévy .
Voici d'autres avis sur Babelio.com





dimanche 11 septembre 2016

"La tentation d'être heureux" Lorenzo Marone

"Dans une Naples grouillante de vie et de clameurs, une comédie à l'italienne sur la vieillesse et la solitude, mais aussi sur ces petits riens qui font que la vie vaut la peine d'être vécue. Porté par une galerie de personnages profondément attachants, un roman qui fait du bien, plein de poésie et d'espoir.
Dans un vieux quartier napolitain, il y a un immeuble. Dans ce vieil immeuble, il y a des habitants qui ont toujours été là. Il y a Mme Vitagliano, la dame aux chats ; Marino, que la mélancolie a cloué à son fauteuil.
Et puis il y a Cesare Annunziata, soixante-dix-sept ans et une colère intacte. Sa femme ? Une lâcheuse qui l'a abandonné en mourant cinq ans plus tôt. Sa fille ? Une coincée qui passe son temps à le supplier d'arrêter de boire et de fumer. Son fils ? Un lâche qui n'ose même pas lui avouer son homosexualité. Sa maîtresse ? Une chouette fille, mais peu présentable. Les autres ? Un ramassis de menteurs et de couards.

Et voici qu'un jour débarque un jeune couple. Et très vite résonnent les échos de violentes disputes.

Que faire quand soir après soir vous tremblez pour la voisine ? Et si, en tentant de sauver la jeune femme, Cesare se sauvait lui-même ? Et s'il était temps de baisser enfin la garde ? " www.belfond.fr


Après avoir lu ce quatrième de couverture sur fond azuré (j'aime beaucoup le bleu), j'ai craqué en me disant que cette lecture pourrait me plaire... J'aime les personnes âgées et je me dis que c'est une bonne expérience de lire un roman avec Un personnage haut en couleur de 77 ans... Je le vois bien sur la couverture!
Cesare Annunziata  vit dans un immeuble de Naples avec ses voisins qu'il va nous présenter et  nous raconte sa vie faite de joies, de peines et de regrets... Comme nous...
C'est un personnage qui m'a fait pensé à un autre que j'avais découvert dans un autre roman, avec une même énergie et une envie d'être empathique avec son prochain à un certain moment de sa vie...Mais voila, j'avais accroché à ce personnage mais Cesare ne m'a pas convaincu. 
ça vient peut-être du fait que je connaisse bien les personnes de son âge, j'ai une idée faussée... 
Chaque lecteur a son propre vécu et appréhende différemment un MEME roman. 
Il ne manque pas grand chose ...
Je ne souhaite pas en dévoiler de trop car je désire que les futurs lecteurs apprécient cette lecture avec le moins d'à priori possible. 
Ce livre est agréable à lire, tout de même, les pages se tournent bien. 
Le lecteur est plongé dans ce Naples raconté par Césare et c'est assez plaisant d'être en Italie: ça change comme implantation de décor romanesque. J'ai bien apprécié. 
A vous de vous faire votre propre opinion!
Je remercie de tout cœur Masse Critique de Babelio et les éditions Belfond. 




dimanche 12 juin 2016

"Orages" . Estelle Tharreau. Editions Taurnada

"Si vous éleviez seule une fille de seize ans et que votre petit ami devenait trop encombrant, refuseriez-vous un travail et une belle maison dans un village de carte postale où tout le monde semble prêt à vous aider ? Il est probable que non. Pourtant, vous auriez tort !
Les nuits d'orage peuvent s'avérer mortelles pour qui ne sait pas lire entre les lignes du présent et celles d'un passé enfoui depuis plus d'un siècle dans un cahier d'écolier jauni et écorné." (taurnada.fr)

Ce roman me tentait depuis sa sortie... Je suis les actualités des Editions Taurnada sur les réseaux sociaux et "orages"me faisait de l'oeil... La couverture est très parlante .
Et voilà, hier soir j'ai fini de dévorer ce roman tant désiré...
C'est vraiment un roman qui a du rythme.
Le début démarre doucement. Le lecteur fait la connaissance de Béatrice, cette mère célibataire qui élève sa fille de seize ans, seule. Elle a eu sa fille jeune et cherche de l'amour auprès d'hommes pas très sincères. Leur arrivée à Sauveur est le résultat d'un amour déchu.Célia est fatiguée de l'agissement de sa mère.
Le village leur réserve un bel accueil avec moult avantages. C'est très tentant.
De part son travail de comptable à la commune, Béatrice va avoir connaissance de faits qui sonnent faux. Et puis les disparitions de Elodie Mollier , qui occupait son poste, et de sa fille, Julie, va intriguer Béatrice et Célia.
Célia, comprendra avec ses nouveaux amis , Yann et Maddy, qu'il existe des différents entre deux familles qui se détestent au sein du village et ça depuis des générations...
Un soir, Célia, par hasard,va trouver un journal intime qui va changer leur vie...

Je n'en dirai pas plus. Je vous laisse découvrir par vous-même les "atouts" de Sauveur.
Les présentations faites, le roman part sur les chapeaux de roues, le lecteur tourne les pages encore et encore... J'adore ce genre de roman, impossible à lâcher.
La fin m'a beaucoup surprise et le roman se termine trop rapidement à mon goût mais ce sentiment d'étonnement final n'enlève en rien le plaisir que m'a donné le plaisir de cette lecture.
Vous pouvez vous laisser tenter par "Orages" qui vous emmènera dans la région de Franche-Comté où les rites et les croyances avaient la dent dure à une certaine époque...
Une excellente découverte qui me fait découvrir Estelle Tharreau qui a un style fluide et agréable. Je souhaite vraiment lire d'autres romans de cette auteure et pourquoi pas une suite à '"Orages".

Je remercie de tout cœur Masse Critique pour sa confiance et les Editions Taurnada .

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